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Net art et Nomadisme

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18 mars 2011

INTRODUCTION : Le nomadisme ?

« On ne devient nomade impénitent qu’instruit dans sa chair aux heures du ventre maternel arrondi comme un globe, une mappemonde. Le reste développe un parchemin déjà écrit. Plus tard, beaucoup plus tard, chacun se découvre nomade ou sédentaire, amateur de flux, de transports, de déplacements, ou passionné de statisme, d’immobilisme et de racines. […] Les premiers aiment la route, longue et interminable, sinueuse et zigzagante, les seconds jouissent du terrier, sombre et profond, humide et mystérieux. Ces deux principes existent moins à l’état pur, à la manière d’archétypes, qu’en composantes indiscernables dans le détail de chaque individualité. »[1]Cette citation empruntée à Michel Onfray fait état de deux types de conceptions de vie, d’un choix à envisager, à imaginer. Dans un premier temps, nous sommes, en tant qu’être humain, tous identiques, nous naissons, nous grandissons et c’est à la suite d’un long cheminement que nous serons en mesure de faire des choix. Parmi ceux-ci, il y aura celui du mode de vie, voudrions nous devenir nomade ou sédentaire ? Aucune de ces envies d’existence n’est irréversible, on peut les expérimenter à loisir selon nos envies. Ainsi, on s’aperçoit que certaines personnes regroupées en communauté ont préféré le mouvement perpétuel, par exemple, les gens du voyage ou les forains qui ne font d’ailleurs pas l’unanimité car en Europe comme dans plusieurs continents, le sédentarisme est le mode d’existence privilégié. Néanmoins, les systèmes nomades connaissent aujourd’hui un regain d‘intérêt, que se soit au journal télévisé ou bien dans des salons d’habitat, ils connaissent une expansion particulière. Il n’est pas rare de « tomber » sur un reportage expliquant que des sédentaires quittent leur maison en dur et le jardin qui va avec pour une yourte montable,  démontable et transportable. De fait, le nomadisme s’enrichit de conceptions diverses et variées et il convient de recentrer cet état d’esprit et de vie sur une possible origine. « Dans l’Afrique du Nord, le nomadisme doit bien son origine […] à l’activité pastorale : les migrations régulières et périodiques sont bien une conséquence de la nécessité de trouver la pâture pour les troupeaux qui constituent la richesse d’une tribu. Mais d’autres facteurs, accessoires peut-être, n’auraient-ils pas joué leur rôle dans l’extension de certaines formes du nomadisme ? On sait que le nomade, s’il est un pasteur, est aussi un grand commerçant […] ».[2]Donc, nous savons maintenant qu’à ses débuts, l’activité nomade est un mouvement de tribu constant régit par la nécessité de trouver des moyens de subsistance alimentaire ou financière. La grande particularité de ce mode de vie est bien évidemment le changement perpétuel de lieux et les composantes qui vont avec : habitations démontables, mobilier limité, gestion des éléments constitutifs de la vie ou de la survie, restriction des objets aux premières nécessités. Du fait du regain d’intérêt porté à ce mode d’existence dont nous avons amorcé la thèse un peu avant, le nomadisme prend des sens bien plus divers aujourd’hui car, il s’applique à des champs variés comme celui des arts par exemple. « Il n’y a rien d’étonnant à voir aujourd’hui des artistes emprunts de mobilité croissante et de fougue communicationnelle dans un contexte de réduction des distances spatiales par les technologies du déplacement, leur « démocratisation » (voitures individuelles, avions, trains à grande vitesse) et de développement des technologies de l’information (outils et réseaux numériques) »[3]. Ce qui est intéressant, c’est de noter que l’ancien nomadisme, toujours en vigueur dans certain pays, a été en quelque sorte réemployé et réajusté à des préoccupations actuelles en termes de nouveaux mode de vie, mais également au niveau de la création artistique. Dans le premier cas, on recherche le nomadisme mais avec un certain confort : bonne isolation, chauffage. Dans l’autre cas, les artistes ont cherché dans les éléments constitutifs du nomadisme des possibilités de création nouvelle, ils n’ont pris que certains éléments et rares sont ceux qui ont poussé l’expérience du vrai nomadisme comme la famille Niveaux. En effet, nous avons la possibilité de suivre leur épopée via leur blog[4], elle est artiste, lui photographe et anciennement enseignant aux beaux-arts de Caen.

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 Leur but est de « scanner » des plantes à travers le monde. Ils sont donc partis il y a environ un an et suivent un trajet prédéfini, se laissant guider par leurs trouvailles. Le camion qu’ils ont spécialement emménagé pour l’occasion leur permet d’établir une sorte de point de chute quotidien tout en étant en perpétuel mouvement. Ces déplacements font partie intégrante de leur pratique.

La question qui tournerait autour d’un art nomade a été évoquée ici, néanmoins, elle ne constitue pas un point central, ce qui est important, c’est de comprendre que le nomadisme est un mode de vie avec des composantes définies, déplacements continuels, point de chute, mouvement, qui s’appliquent à tous les types de nomadisme. Nous avons essayé de mettre en évidence ce qu’est le nomadisme et comment il a pu être repris dans la sphère artistique dans son entièreté ou partiellement. Néanmoins, la préoccupation majeure qui va être la notre à présent sera de comprendre en quoi le net art et le nomadisme ont des points communs. Nous tenterons de montrer qu’il existe des rapports entre ces deux « disciplines ». Le choix de ces deux composantes réside dans le fait que le « nomad system » est précisément  le titre du « work shop » proposé par notre enseignant, le second est un choix personnel qui trouve sa source dans le fait qu’il est hyper-actuel. En effet, les ouvrages qui mettent en évidence les rapports qui s’entretiennent entre le nomadisme et l’art sur internet sont rares voire inexistants pourtant nous essaierons de montrer qu’il existe bel et bien des points de convergences théoriques.

Mais, avant d’entrer dans le détail de ces rapports, il convient de préciser ce qu’est le net art.



[1]M. Onfray, Théorie du voyage, poétique de la géographie, Librairie Générale Française, Paris, 2007, P. 9-10.

[2]J. Brunhes, La Géographie humaine, PUF, Paris, 1942, p. 406.

[3]F. Raffin, « La pensée nomade et les nouvelles mobilités artistiques contemporaines » extrait du colloque Nomadisme, nouveaux médias et nouvelles mobilités artistiques en Europe, 21-22 Fèvrier 2007, Théâtre Paris-Villette.

[4]Blog famille Niveaux : http://niveaux.uniterre.com

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18 mars 2011

La Question du mouvement …

De prime abord, ce qui paraît le plus évident, lorsque nous tentons de mettre en rapport le nomadisme et l’art sur internet, c’est l’axe d’étude qui traiterait la notion d’un perpétuel mouvement. En effet, d’un côté comme de l’autre il s’agit d’une composante essentielle, nous allons voir de quelle manière il est envisagé conjointement dans chacune de ces thématiques.

Lorsque l’on recherche une définition du nomadisme sur un dictionnaire valable comme celui du Grand Robert (portail documentaire web de la faculté) voilà une des définitions que l’on peut trouver : 2) « Vie nomade, d’une personne en déplacement continuel »[1]. Ainsi, la caractéristique principale de ce mode d’existence est bel et bien le déplacement, le mouvement. Dans notre introduction qui visait à définir ce mode d’être, nous avons déjà insisté sur cette perspective en étayant le fait que ces mouvements étaient régis, à l’origine du nomadisme, par une quête perpétuelle d’espace potentiel à la vie ou à la survie des nomades. Ainsi, ces êtres humains choisissent leur point de chute en fonction des points d’eau, de la fertilité des sols ou des axes commerciaux possible. Nous avons donc bien compris qu’il s’agit d’une composante, d’une caractéristique inhérente à ce mode de vie mais qu’en est-il pour le net art ? En quoi ce « courant » artistique peut-il avoir quelque chose en commun, en terme de mouvement, avec le nomadisme ? Nous allons voir que les déplacements sont également très importants au sein de cette pratique et qu’il s’envisage de plusieurs manières.

En effet, on peut déjà considérer la question relative au mouvement dans le seul fait qu’il existe une multitude de points d’accès à cet espace. Il suffit pour cela de posséder un ordinateur, tout le monde ou presque (en France tout du moins) en a un, et de trouver une connexion « wi-fi ». Celle-ci permet à n’importe quel utilisateur de pouvoir se brancher virtuellement et surfer sur le web. Le déplacement commence ici, nous parcourons notre vie au grès des points d’accès, nous pouvons d’ailleurs étayer cette thèse rien qu’en regardant le nombre de voitures stationnées sur les parkings « Mc Do ». Tous leurs restaurants (ou presque) sont équipés de routeur « wi-fi » qui émettent gratuitement, de fait, il suffit de se connecter. Les bars en sont également munis, les gares, les aéroports, les universités ou encore certaines bibliothèques. Nous pouvons sans mal nous promener de points d’accès en points d’accès. « Le public de l’art internet est quant à lui très varié et à tous points de vue : dispersés géographiquement, issus de contextes socio-culturels très différents, les amateurs d’art Internet sont capables de modifier sans cesse la nature de leur rapport aux œuvres en étant tour à tour artistes, critiques, collaborateurs ou « voyeurs ».[2]Cette citation de Rachel Greene nous permet de justifier notre première compréhension du mouvement, elle nous explique bien que les internautes sont « dispersés géographiquement ». En ce sens que nous pouvons être connectés à ce monde parallèle de chez nous ou bien à divers endroits. Il existe, par ailleurs, depuis 2001 un art populaire nommé le « Warchalking » qui propose de marquer à la craie avec divers symboles tous les points d’accès « «wi-fi ».

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Ensuite, lorsque nous parlons d’internet, on dit couramment que nous « surfons » ou bien nous naviguons sur le web, ce qui veut dire que nous entrons sur un site pour continuer, le plus souvent vers un autre site. En fait, la toile du net est une sorte de monde virtuel dans lequel des milliards d’internautes passent d’un site vers un autre sans arrêt du début de la connexion jusqu’à sa déconnexion. « Sauter d’un lieu à un autre, voilà une bien curieuse prémonition de ce qui est aujourd’hui le propre de la navigation même, sur internet, où de lien en lien, par l’hypertexte, nous circulons dans les flux d’une délocalisation permanente »[3]. Ainsi, ces déplacements sont une composante, une caractéristique essentielle d’internet, il s’agit du fonctionnement inhérent à cette plateforme qui fait donc écho au nomadisme définit un peu plus haut : des déplacements continuels.

Puis, il est important de prendre en considération le fait que les sites internet ouvrent et ferment quotidiennement, et ceci constitue une nouvelle conception d’un mouvement permanent dans la plateforme. Il ne s’agit plus de faire correspondre les déplacements géographiques à des sauts de lien en lien mais il faut comprendre que le net connaît une sorte de mouvement interne permanent issue de la profusion des sites qui le composent, qui ouvrent, s’actualisent ou se ferment. D’ailleurs, dans plusieurs ouvrages qui traitent de la question de l’art internet, ce pan mouvant constitue toujours une difficulté pour l’analyse et celle-ci est mise en évidence dans les avant propos. « En raison des changements incessants que subissent les éléments constitutifs d’Internet (les logiciels et applications deviennent rapidement obsolètes, certaines pages web sont abandonnées ou supprimées, des mises à jour de logiciels sont régulièrement proposées, de nouveaux plug-ins mis sur le marché, de nouveaux web lancés, etc.), l’étude de l’art Internet ne peut s’envisager sans qu’il soit fait mention de l’accès à la technologie, […] toutes choses qui révèlent à quel point les sphères des médias fonctionnent de plus en plus comme des espaces publics »[4]. De même, Fred Forest nous dit également ceci : « Il n’en demeure pas moins difficile et hasardeux de tenter d’ordonner de désordre créatif à propos duquel Paul Virilio, sans doute un peu trop passéiste, va jusqu’à évoquer une tyrannie de la vitesse »[5]. Tout ceci nous prouve à quel point les mouvements incessants sont caractéristiques de la logistique d’internet et donc du net art, mais aussi à quel point ceci constitue une réelle difficulté pour notre analyse comme il en a été pour celles de Nicolas Thély, Rachel Greene ou Fred Forest.

Enfin et pour terminer cette analyse du mouvement dans la sphère du net art, on pourra s’arrêter sur les changements incessants du aux divers apports des internautes. En effet, indépendamment du fait que les sites sont en mouvement dans leur forme logistique « externe » (ils ouvrent ou ferment), il y a parfois, également, la logistique que nous pourrions définir comme « interne ». En ce sens que c’est l’apport extérieur des membres et/ou internautes qui garantissent le fonctionnement du site mais cela sous-tend également que celui-ci est en perpétuel mouvement ou changements. Nous pouvons, par exemple, contribuer au développement du site internet-œuvre de Nicolas Frespech (www.frespech.com/echoppe) en lui soumettant une phrase à laquelle il répondra par une image. Il convient de préciser qu’il s’agit là d’une spécificité de certains sites de Net.Art et qu’ils ne sont pas tous de cet ordre. De même, on peut participer à la réalisation du jardin situé à Linz via le site Telegarden, (http://goldberg.berkeley.edu/garden/Ars/) on actionne le bras via le site et on peut s’occuper des plantations.

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Donc, il y a dans ces propositions, un mouvement perpétuel du aux changements voulus par les artistes qui en sont les instigateurs et produit par les internautes qui en sont les participants. « Le fait que tout visiteur (amateur d’art) peut se connecter à l’œuvre elle-même, et à tout moment contribuer à son développement (son destin), en y ajoutant les signes de sa richesse personnelle, nous positionne face à une forme ouverte qui affecte à l’œuvre un statut d’inachèvement associé à une promesse de perpétuel accomplissement selon les principes du processus, de l’instable »[6].

 

Ainsi, au moyen de ces quatre thèses, nous avons pu étayer qu’il existe bel et bien une correspondance dans le mouvement dans les deux disciplines qui nous intéresse : le nomadisme et l’art sur internet. Dans chacune d’elles, il s’agit de caractéristiques inhérentes à leur fonctionnement. Le net art a cette différence que le principe de mobilité peut intervenir de manière différente suivant comment on l’envisage, bien sûr, c’est une qualité intrinsèque mais on peut également postuler que les déplacements proviennent des divers accès, des changements incessants de la logistique même d’internet mais aussi de l’apport fait par les internautes d’action ou de commentaires qui font vivre un site d’art. Une remarque est cependant nécessaire, pour ces deux thématiques, nomadisme et art sur internet, nous avons relevé le mouvement, le déplacement qui est donc inhérent, nous l’avons vu, mais il a aussi un contrepoint identifiable à ces deux parties : une sorte de sédentarisme. En effet, pour le nomadisme, on a évoqué la notion de point de chute, il s’agirait d’un point d’attache toujours identique, un relais, quelque chose qui pourrait servir de fixité à un moment donné. De même, pour le net art qui est en constant mouvement, on pourrait penser que le cyber-espace est effectivement mouvant mais l’ordinateur serait sans doute ce point de chute, cet élément fixe, immobile. Dans tout nomadisme, comme pour l’art sur internet, réside un contrepoint au mouvement, une fixité qui est à un moment donné nécessaire. Il ne s’agit pas là de « démonter » toutes nos thèses mais de mettre le doigt sur un petit paradoxe, sur une autre caractéristique qui incombe aux systèmes nomades comme au net art.



[1]site web Grand Robert, article : Nomadisme

[2]R. Greene, L’art Internet, Thames & Hudson, Paris, 2005, p. 32.

[3] F. Rorest, Art et Internet, Editions Cercle d’Art, Paris, 2008, p. 12.

[4] R. Greene, op. cit., P.8

[5]F.Forest, Op. Cit., p. 11

[6] Ibid. p.20

18 mars 2011

L’art sur internet, qu’est ce que c’est ?

Pour envisager ce qu’est le net art, il convient de comprendre, en amont, que les préoccupations artistiques sont toujours ou le plus souvent le reflet de motivations ou de bouleversements qui agitent l’ordre social et humain d’une époque donnée. L’art sur internet puise ses prémices dans les recherches plastiques des artistes dit de « nouveaux médias », ils concernent tous ceux qui ont introduit des matériaux analogiques puis numériques dans leurs productions. En 1963, Nam June Paik et Volf Vostell sont les premiers à proposer des œuvres d’art vidéo. Pour le coréen ce sera une installation proposant des moniteurs « préparés » au sein de la galerie Parnasse de Wuppertal en Allemagne. Le procédé consiste en une installation de treize moniteurs émettant chacun une fréquence électro-acoustique différente. Ceux-ci sont alignés et présentent donc une image zébrée, modifiée, non figurative. De son côté, la même année, Volf Vostell présente à New York une œuvre intitulée Sun in your head.

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Il montre aux spectateurs une succession d’images issues de la télévision qu’il dérègle. Elles sautent et vacillent, elles décollent. De même, Nam June Paik est un des premiers à utiliser le « Portapak », il s’agit d’une caméra portative, une des premières, ceci lui permet de capter et d’enregistrer de nouveaux espaces le plus souvent publics et surtout, d’être en constant mouvement : une sorte de nomadisme vidéo.

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De fait, ces nouveaux artistes continuent le travail d‘exploration du monde sur le vif amorcé par les Impressionnistes, Pissaro avait « trafiqué » sa barque et l’avait aménagé  en une espèce d’atelier mouvant, de même, Manet peignait directement dans son jardin. L’espace de création n’est donc plus envisagé entre quatre murs mais il les dépasse jusqu’à intervenir directement dans des espaces ouverts, comme ce fut le cas avec le « Portapak ».

Ensuite, alors que les artistes usent et abusent des moniteurs et des possibilités offertes par la vidéo, les recherches de Boole, Zuse, Turing ou Hooper amènent à la création de plusieurs prototypes d’ordinateur. Dans les années soixante-dix, Apple, co-fondé par Steve Jobs et Steve Wozniak, vend plusieurs modèles d’ordinateurs. En 1981, c’est le grand « boom » des Personal Computer, les PC. L’histoire d’internet est bien plus rapide que celle des ordinateurs, dès 1955, Tim Berners-Lee propose un projet hypertexte d’envergure : le World Wide Web. Il s’agissait de faciliter l’accès des données aux divers chercheurs, ainsi, sans contraintes de localisation physique, ils avaient accès à une grande quantité de ressources textuelles. C’est vers le début des années quatre-vingt-dix qu’apparaissent les navigateurs multimédia permettant l’échange de vidéos, photos ou sons. Enfin, ce sera Mozilla et Internet Explorer qui prendront la relève toujours assurée aujourd’hui. De fait, ces nouvelles technologies ne sont pas passées inaperçues aux yeux des artistes, ainsi dès 1966, un groupe nommé EAT est fondé par Billy Klüver et instaure une sorte de partenariat entre des chercheurs, des designers, des programmeurs et des artistes en une sorte d’atelier interdisciplinaire. Andy Warhol, Yvonne Rainer, Robert Rauschenberg, Jasper Johns ou John Cage ont participé au développement de projet au sein de ce groupe. Mais, l’apogée de cette forme d’art se situe plutôt quelques décennies plus tard vers 1990, où effectivement les artistes s’emparent du web, logiciels ou e-mail pour proposer des œuvres d’art internet. « L’art internet fait partie, au sein de l’Histoire de l’art, d’un continuum qui inclut des stratégies et des thèmes tels que les instructions, la dématérialisation, les réseaux et l’information. Il est intéressant d’observer les parallèles qui existent entre l’art internet et les idées présentes dans des œuvres antérieures »[1]. Ainsi, cette nouvelle forme d’art a réussi à entrer dans l’histoire de l’art et a finit par être connu et reconnu par ses pairs. Parmi les premières œuvres de ce nouvel art, on peut notamment citer Heath Bunting, qui présente en 1994 King’s Cross Phone In, sur une page web, il liste tous les numéros des cabines téléphoniques de la plus grande gare de Londres et demande aux internautes de téléphoner un jour, tous ensemble à la même heure.

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Le résultat produit une sorte de mélodie téléphonique au milieu de cet espace public hyper fréquenté. Le but de la manœuvre consiste en une prise de conscience de la portée artistique de la plateforme internet mais également de faire entrer en interaction diverses personnes inconnues.

Finalement, le net art offre un espace créatif où les possibilités formelles, textuelles, plastiques sont sans limites, le médium en tant que tel est nouveau et sans équivalent, les changements et mouvements y sont incessants, l’interactivité avec le public ou « l’esthétique relationnelle »[2] y est capitale. Néanmoins, il faut bien rappeler que nous sommes en face d’une discipline artistique très récente et en constant mouvement et que ceci constitue des jalons de difficultés pour envisager notre propos. « L’art internet est un sujet difficile à résumer dans le cadre d’un panorama critique et historique tel que celui-ci, non seulement en raison de la singularité même d’Internet en tant que technique capable d’accueillir une grande diversité de formes artistiques, mais aussi de sa relative jeunesse, de sa nature dématérialisée et éphémère, de son envergure » [3].

Aujourd’hui, le net comprend une foule de site artistique mais il convient de les différencier en plusieurs catégories qui n’ont rien à voir les unes par rapport aux autres. En effet, les artistes envisagent les sites de différentes manières, nous allons tenter d’éclairer cette perspective. D’abord, il existe des sites d’artistes, il s’agit d’une sorte de catalogue de leurs œuvres, de leur pratique, ils sont créés de manière plus ou moins ludique. Par exemple, on peut visiter le site de Daniel Buren (http://www.danielburen.com) et voir ou revoir toute les œuvres depuis le début de son parcours. Puis, on peut se balader dans la mini ville de Wim Delvoye (http://www.wimdelvoye.be/), un bus nous prend et nous dépose devant les divers bâtiments (usine Cloaca, la ferme, le château ou la cathédrale) qui symbolisent les divers travaux de l’artiste. Sinon, le site de Grout-Mazéas (http://groutmazeas.free.fr/) nous ouvre les portes de son atelier, ainsi on comprend la démarche de l’artiste, on peut l’apprécier à l’œuvre, le côté un peu mystique de la création ouvert aux curieux.

Il y existe les sites qui sont des œuvres d’art à part entière et où il y a une possible interaction avec « le public ». Il ne s’agit plus d’une vitrine de travaux mais bien d’une œuvre en action, dont le support est le web et le fonctionnement provient de l’internaute. Si l’on n’a pas froid aux yeux, on peut se connecter à l’adresse suivante, http://www.mouchette.org et tenter de répondre aux questions aussi inattendues qu’embarrassantes que nous pose cette vrai/fausse jeune fille de treize ans. Derrière ce personnage se cache une artiste bien plus âgée mais le langage qu’elle utilise peut faire penser effectivement à une fillette de treize ans.

Enfin, on peut trouver des catalogues ou des bibliothèques d’œuvres d’art qui propose une réunion d’artistes. Il s’agit là d’un conglomérat d’informations, une base de données ouverte à qui souhaite s’instruire : http://www.insecula.com, http://www.documentsartistes.org, etc.

 

L’art internet trouve ses prémices dans un continuum de recherches plastiques amorcées par les artistes des générations qui le précède et également dans les trouvailles des scientifiques qui sont parvenus à créer des prouesses technologiques dont nous usons quotidiennement : ordinateur et internet. « Les changements qu’ont connu les technologies de l’information ont affecté, parfois profondément, la pratique artistique […] à son tour, cette pratique a influencé voire provoqué certaines innovations technologiques »[4]. La toile devient donc un support créatif sans limites qui offrent des possibilités de sites de diverses natures en mouvement constant.

 



[1]R. Greene, L’art Internet, Thames & Hudson, Paris, 2005, p. 8-9

[2]N. Bourriaud, L’esthétique relationnelle,

[3]R. Greene, op. cit., P.8

[4] Ibid. P. 8

18 mars 2011

Communauté/interaction/interactivité…

Lorsqu’il est question de nomadisme, on sous-tend assez souvent la notion de communauté. On peut tout à fait expérimenter ce mode d’existence en solitaire mais de manière générale celui-ci est envisagé en groupe. Ce faisant, la vie au quotidien paraît plus simple, chaque personne attachée à la communauté a un travail à accomplir qui servira l’ensemble des membres : une sorte d’autarcie communautaire. D’ailleurs, il est plus souvent question de nomades avec un « s » pour parler de ces groupes d’êtres humains et, on définit plus volontiers une personne seule comme étant explorateur, voyageur et non nomade. D’ailleurs, une autre définition du Grand Robert nous donne ceci : « Qui n’a pas d’établissement, d’habitation fixe (en parlant d’un groupe d’humain) »[1]. Il n’y a rien de définitif dans ces termes mais il s’agit plutôt d’envisager ces principes de vie de manière un peu générale, globale. Car, il existe très certainement des personnes seules qui vivent en nomade, mais le propos qui va suivre s’attachera à la notion de communauté si souvent à l’œuvre chez les nomades mais également au sein du net art.

Effectivement, le net art, dans certaine proposition, expérimente l’axe de la communauté, de l’échange ou encore de l’interaction. L’enjeu principal est de créer une plateforme via un site internet qui questionnerait les rapports d’échange entre artistes et spectateurs (quand bien même peut-on encore parler de spectateurs ou d’internautes ?). Mais, internet a connu son expansion justement au moyen de ces échanges, internet est une base de données personnelles pour tout un chacun. Nous avons tous soit, des blogs, des pages facebook ou tweeter, nous avons tous des comptes personnels pour EDF, nos impôts, nos téléphones, nos abonnements ou autres. Les espaces personnels et les échanges entres les différents membres sont les points d’orgue de ce cyber-espace. Il suffit de faire une recherche avec pour base un nom et un prénom pour connaître beaucoup d’informations sur une personne « X ». Internet est une sorte de vitrine de notre intimité protégée par des pseudos « login » ou « mot de passe ». Certains n’hésitent d’ailleurs pas à diffuser volontairement leur vie à toute la communauté, Nicolas Thély dans son ouvrage Vu à la webcamexpose bien ce fait. Donc, que se soit dans un groupe de nomades ou bien dans la communauté des internautes on peut constater le fait qu’il existe bel et bien une intimité partagée. Pour les nomades, la vie en groupe dans un espace souvent restreint implique que ses membres doivent subir les regards des uns et des autres. En gros et vulgairement, le simple fait de vivre dans une petite communauté, tous ensemble, sous-tend que tout le monde sait tout sur tout le monde. L’intimité est partagée comme le pain ou l’eau. Le cyber-espace est quant à lui extrêmement vaste et varié, pourtant, des internautes n’hésitent pas à proposer leur intimité au plus grand nombre. Finalement, c’est un peu l’inverse des nomades, dans chaque cas, l’intimité est dévoilée, pour le premier elle est involontaire, pour le second elle est voulue, pour le premier, on ne peut y échapper, pour le second c’est le moyen pour être vu et c’est une finalité recherchée. Donc, dans ces deux thématiques la question de l’intime est convoquée mais envisagée de manière différente. Dans le cas de la toile, Nicolas Thély a très bien analysé ce fait, dès les premières pages, l’auteur nous immerge dans son exploration de cette thématique de l’intime. « Un dimanche chez Corrie et Rickert comme si on y était, voilà ce que l’on peut voir sur le site internet de Corrie. Dans leur appartement, la jeune femme a installé, depuis 1998, une caméra vidéo reliée à un ordinateur qui filme leur quotidien et diffuse les images sur Internet via son site cam@home, « camera à la maison » »[2]. (http://www.camathome.com/)

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Nous pouvons donc voir et suivre la vie personnelle de ces gens à longueur de temps, nous pouvons vivre avec eux comme si nous étions une communauté, plus aucuns secrets. Si on se gratte le nez devant la webcam, tout le monde le voit… De même, on peut lire sur les pages suivantes ceci : « Son existence conserve une part de mystère, même si elle s’organise autour de son site, un petit théâtre personnel dans lequel se joue son intimité… »[3]. On peut aisément continuer sa lecture sur cette thématique de l’intimité, un chapitre entier est consacré aux « journaux web-intimes »[4]. Mais, notre propos n’ira pas plus loin car d’autres thèses sur la thématique commune de la communauté nous attendent.

En effet, lorsque l’on parle de communauté, on sous-tend également la notion d’interaction entre les divers membres. Pour reprendre l’ouvrage de Nicolas Thély, il a observé durant plusieurs années les webcams de Corrie ou des Cute Couple et a finalement pris contact avec eux à la fin de son analyse. Aucunes interactions n’a été en jeu durant son développement mais à la fin, la curiosité ou juste l’envie a pris le dessus, il y a eu échange et donc interaction. Les sites d’art ont justement, pour certain d’entre eux, cette base d’expérimentation. Le but des artistes qui engagent un tel propos est de faire entrer en contact divers personnes entre elles, que leur site fonctionne au moyen de la contribution de ses pairs. Fred Forest nous donne d’ailleurs une définition de l’interactivité pour que tout le monde soit à l’unisson : « L’interactivité se définit comme la propriété d’une application informatique qui permet à l’utilisateur d’interagir avec le système pour déclencher diverses actions… »[5]. C’est donc le cas du site-œuvre de l’artiste Marc Em, Audiogame,le spectateur-internaute peut s’amuser à mixer, à modifier des vidéos de train, en fonction des sons et de la vitesse. De même, Reynald Drouhin propose AlterNative,( http://www.incident.net/works/alteraction/altern/index.html) l’internaute manipule à son grès les diverses images.

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C’est également le désir de Bunting et de son King’s Cross Phone In dont nous avons déjà parlé au chapitre précédent.

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Enfin, Le cyber-espace comme le nomadisme est un pôle de rencontre entre les divers membres de la communauté. C’est d’ailleurs ce qui constitue la spécificité même du médium utilisé par les artistes. « A la différence de l’objet fini, achevé et prêt à la consommation, face auquel la passivité est de mise, l’œuvre consiste ici en une relation en temps réel entre les spectateurs-acteurs. L’important n’est pas ce que vous voyez mais ce qui se passe entre les gens : l’évènement, le processus, l’interaction critique et sociale, l’échange, prévalent sur l’objet »[6]. Donc, devant une œuvre d’art que l’on pourrait grossièrement qualifier de traditionnelle, peintures, sculptures, installations, vidéos, les spectateurs ne sont que des « regardeurs » alors que pour une œuvre d’art sur internet, la grande trouvaille, pour les sites qui se revendiquent comme tels, serait plutôt une transformation du spectateur en « acteur ». Ainsi, ce faisant, ces divers acteurs entre en interaction les uns avec les autres et ceci constitue évidemment le point de départ d’une multitude de rencontres. De même pour le nomadisme, les déplacements continuels amènent les divers membres à côtoyer de nouvelles personnes surtout lorsque ces mouvements sont régis par une volonté de commercer.

Le simple fait d’appartenir à une communauté nomade ou virtuelle implique d’entrer en contact avec les divers membres qui les composent. La spécificité d’internet par rapport au nomadisme est bien sûr cette intimité dévoilée voulues et parfois même recherchée que n’arbore pas le nomadisme « traditionnel » où le manque de pudeur est subit par le simple fait de vivre tous ensemble dans des espaces restreints. Il n’est pas question de critiquer négativement ce mode d’existence et d’avancer une thèse infondée mais plutôt d’émettre une hypothèse qui sert positivement notre propos. Les rencontres et les échanges entre les divers personnages qui fondent ces deux groupes nomades ou virtuels peuvent même être, certainement  à la base du bon développement de ceux-ci. Parler, communiquer, entretenir des relation peuvent être considérer comme le fonctionnement obligatoire et bénéfique à tout un chacun, nomade, sédentaire, internaute ou développeur de site.



[1]Site web du dictionnaire le Grand Robert, article : nomadisme

[2]N. Thély, Vu à la webcam, Les Presses du Réel, Paris, 2002, p. 15.

[3] Ibid. p.66

[4] Ibid. p.143

[5]F. Forest, L’art et Internet, Editions Cercle d’Art, Paris, 2008, p. 21.

[6] Ibid. p. 19.

17 mars 2011

Espace de Liberté…

 

Lorsque les ordinateurs personnels ont commencé à se connecter sur internet, une douce mélodie de brouillage et de tonalité se mettait en route, tous ceux qui ont eu une connexion relativement tôt avec un taux horaire de connexion mensuel à ne pas dépasser savent de quoi il est question. (souvenez-vous, le gréééiiinggg zeeeee tink tonk zeeeee) Aujourd’hui, les Apple ou PC se connectent instantanément et on ne s’en rend même plus compte. Mais ils se connectent à quoi ?

Etre connecté, rattaché à internet est finalement tellement courant que l’on ne s’aperçoit même plus de l’action que nous faisons. Car, depuis notre « ordi », une fois le lien fait, c’est une ouverture vers des milliards de possibilités qui s’offrent à nous. Internet est comparable à un nouveau monde, un monde virtuel dans lequel, nous, internautes, naviguons au grès de nos envies et des liens hypertextes. Internet, c’est un cyber-espace à conquérir chaque jour, à actualiser chaque jour, forum, pages persos, Facebook, Tweeter, Viadeo et on en passe !! Tout ceci au service de chaque « surfer » qui se connecte. Un monde virtuel à portée des points d’accès où tout est (presque) possible : on se réinvente une vie avec des petits avatar dans Habbo.fr, on paie nos factures (EDF), on déclare nos impôts, on partage des albums souvenirs, Meeting permet de trouver ou retrouver l’âme sœur, bref, internet c’est l’ouverture à tout ou presque. Un véritable monde dans lequel on saute de pages en pages, de « chat » en « chat », pas de frontières, pas de grandes limites : en somme, un espace de liberté.com. « Lorsqu’il s’introduit et navigue sur le web, visite une œuvre du Net.Art et interagit avec celle-ci, l’internaute se place dans un espace virtuel et se soumet à une « déterritorialisation ». Cette nouvelle expérience du réel introduit à une autre forme de « lieu », un lieu artificiel – sinon opposé, plus exactement parallèle au monde créé par l’homme lui-même – qui ne relève pas du registre de l’imaginaire, mais de ceux de la représentation et de la simulation »[1]. Fred Forest atteste bien la thèse qui est la notre, internet, c’est une ouverture vers un nouveau monde où tout est mouvant, de même, le nomadisme, est un mouvement perpétuel vers de nouveau lieu à découvrir. La quête est presque la même, les mouvements sont régis par nos besoins ou nos envies. Une chose est sure, internet et le net art comme le nomadisme sont de constants « no man’s land » que les divers acteurs foulent de leurs pieds ou de leurs clics.

Si le nomade poursuit sa route au grès des points d’eau ou commerciaux, l’internaute et le net art amateur traversent la toile au moyen des hypertextes. Depuis le début de notre analyse, c’est un mot que nous avons souvent rencontré. « L’hypertexte, c’est sur internet le lien numérique qui peut conduire quasi instantanément, en un clic, d’une page à une autre, localisée quelque part parmi les millions de millions de pages »[2]. Les artistes ne sont donc pas passés à côté des possibilités qu’offrent ces petits mots soulignés qui nous amènent d’un site vers un autre. Ainsi, Heath Bunting nous propose Teleportaciia Olie Lialine, inspiré du travail de Olia Lialina, dont il a déformé le nom, il propose une page web avec un texte dont chaque mots utilisés renvoient vers une nouvelle page web.

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 Donc les chemins sont incessants, le champ des possibles extrêmement varié et on pourrait même s’y perdre. Ceci pour exprimer que l’œuvre d’art internet ne connaît pas de frontières. Un peu comme le nomade, pour lui, il n’existe pas vraiment de frontières, il va de pays en pays mais n’a que faire du franchissement géographique d’un état. Un autre exemple, Searching for the truth,(http://bookchin.net/firstTruth/) de Nathalie Bookchin, lorsque l’on se connecte à son site apparaissent plusieurs nombres rangés en colonne verticale, ceux-ci relève le nombre de moteur de recherche disposant le terme de « vérité », de toute évidence, ce n’est pas sur internet qu’on la trouvera.

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Donc, le garant des sauts que nous effectuons de pages web en pages web et qui a été à la source d’expérimentation « plastico-web », c’est bel et bien l’hypertexte. Il est notre péage vers des horizons toujours inconnus ou presque et la souris en devient notre véhicule.

Canalblog, ce site internet permet de créer assez facilement des blogs, d’ailleurs c’est par son biais que nous lisons ces lignes aujourd’hui. Ce qui est intéressant pour nos considérations des systèmes nomades, c’est qu’il offre donc des possibilités de création d’espace constant. En effet, lorsque l’on est nomade, nous sommes à la recherche de divers plans géographiques vierges, la création de blogs permet une création infinie de nouveaux mini-sites. De fait, internet renouvelle sans arrêt ses territoires et propose ainsi aux internautes-nomades de circuler dans des espaces en constant changement, en constante ouverture ou fermeture.

 

Que se soit au moyen des blogs ou de la création de site, internet est comparable à un terrae incognitae. Chaque « clic » nous amène vers des territoires vierges où nous pouvons surfer à loisir. Internet c’est un cyber-espace sans frontières et sans fins que nous parcourrons quotidiennement. Tels des nomades en quête d’infos, notre point de chute est notre ordinateur, notre territoire, c’est la toile.



[1]F. Forest, Art et internet, Les Editions Cercles d’Art, Paris, 2008, p. 18.

[2] Ibid. p. 21

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